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Le jour où je me suis rendue compte que j’étais hypocondriaque

Je suis hypocondriaque mais je me soigne.

Suite à tous vos retour très positifs sous mon article Le jour où j’ai décidé de rompre avec mon smartphone, me voici avec une autre brève de vie, une autre prise de conscience sur un sujet qu’on n’évoque pas assez : l’hypocondrie. Etre hypocondriaque c’est être le Pierre et le loup de la médecine, celui qui se plaint tellement, celui qui se plaint trop, celui qu’on ne croit plus lorsqu’il est réellement malade. Et au fond, l’hypocondrie n’est-elle pas une maladie ? La cause est souvent évidente mais jamais évoquée clairement. Généralement le patient a une peur panique de la Maladie ou de la Mort. Chez moi cela a débuté lorsque j’avais 12 ans, suite au décès prématuré de ma grand-mère atteinte d’un cancer et suite aussi aux cancers à répétitions de ma petite maman quelques mois plus tard. Mais ça bien sûr je ne le savais pas encore… Ce qui est dramatique c’est qu’on est tout le temps sûr que les maux sont réels, qu’on va y passer là tout de suite. Mal dans la poitrine, c’est la crise cardiaque assurée. Mal au mollet ? Tiens je prends la pilule c’est sur c’est une phlébite ! Mal au ventre ? Personne ne trouve la cause ? C’est certain je vais faire un ulcère ! Et tout cela revient cher ! Parce qu’on a besoin d’être rassurée et qu’on passe une fois par mois chez le médecin.

J’ignorais être hypocondriaque jusqu’au jour où j’ai commencé à ressentir très souvent mon coeur s’arrêter de battre dans ma poitrine. Vous savez cette sensation désagréable qui vous paralyse ou vous donne envie de tousser. Passage (habituel) chez le médecin qui effectue un électrocardiogramme et qui remarque en effet un battement irrégulier de manière répété. A ce moment-là, l’hypocondriaque a presque envie de hurler « victoire » ! Comme pour leur dire « vous voyez que je ne m’étais pas trompée ! J’ai quelque chose ! » Je ne me souviens plus exactement de la raison mais j’ai ouvert la lettre adressée au cardiologue. Mon médecin la débutait avec une rapide présentation à mon sujet (nom, prénom, âge, poids, taille) et juste à la suite écrivait « patiente hypocondriaque ». Je crois que la prise de conscience a été immédiate. Hypocondriaque ? Oui je l’avoue j’ai des maux inexpliqués à répétition mais cela est-il une raison de réduire le patient à ce mot ? Cela veut-il dire que l’examen peut se passer de profondeur ? Il s’avère que j’avais des extrasystols, rien de bien grave, mais qui a nécessité un petit traitement pour qu’ils ne soient plus aussi présents et que je les ressente moins.

Aujourd’hui, je fais attention à ce que je dis au médecin. Je me force à attendre que les maux soient présents plus de deux/trois jours pour aller consulter, de peur d’être de nouveau cataloguée aussi rapidement. Je suis également très épanouie dans ma vie et bizarrement, je n’ai plus autant de symptômes. L’hypocondrie est une maladie mais peu reconnue. Elle est souvent moquée (comme dans le film de Dany Boon…) et peu comprise. Il faut savoir trouver la cause, comprendre pourquoi on est autant inquiet et surtout en parler. Je ne connais pas d’autres hypocondriaques alors je me suis dit que certain(e)s lecteurs seraient peut-être dans le même cas et pourraient échanger avec moi sur ce sujet dans les commentaires 😉

Et vous ? Etes vous sujet à l’hypocondrie ? Avez-vous des hypocondriaques dans votre entourage ? Comment gérez-vous la situation ?

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9 petits mots doux

  • Répondre Chloé

    Comme je te comprend ! Parfois aussi il m’arrive de m’inquieter pour une douleur suspecte et très vite, j’arrive à imaginer le pire ! Mais ce n’est jamais très grave. Tu as raison, parfois les hypocondriaques ne sont pas forcement pris au sérieux.
    Merci de nous faire partager ça =) On a l’impression d’être encore plus proche de toi !

    22 janvier 2015 at 20 h 12 min
  • Répondre amandine

    Je te comprend parfaitement. Je suis également hypocondriaque. Je fais comme toi, j’attends au moins trois jours pour voir si la douleur passe. Sinon je passerai mon temps chez le médecin. Il faut prendre sur soi et relativiser. 😉 bon courage 🙂
    Gros bisous

    22 janvier 2015 at 20 h 56 min
  • Répondre Cocon de douceur

    Bonsoir,
    Ton article est très intéressant! Effectivement, c’est une des maladies dont on ne parle pas vraiment, ou même dont on se moque. Cela ne dois pas être facile à vivre. Ta résolution est bien, et je te souhaite bon courage.
    Merci de nous avoir partager cela. J’espère ce que cela ne t’apportera pas trop de soucis. Voir que cela disparaisse et puisse être plus paisible.
    Bisettes!

    22 janvier 2015 at 21 h 06 min
  • Répondre Djahann

    Je me suis rendu compte il y a peu que je l’étais aussi. Mais comme j’ai conscience que non, je n’ai à priori rien de tout ce que j’imagine de grave (la crise cardiaque à la moindre palpitation, l’appendicite en cas de petit mal au ventre….), je ne vais pas chez le médecin. Sauf si vraiment ça persiste ! C’est pénible de s’angoisser comme ça au moindre truc !

    22 janvier 2015 at 21 h 39 min
  • Répondre Crevette Cosmique

    Bonsoir Joséphine,
    Je ne sais pas si je suis vraiment hypocondriaque mais ça ressemble à peu de chose près à ça. Les situations de stress provoquent chez moi de bien drôles de choses du genre: paralysie de tout le côté gauche, je file aux urgences en me disant que je fais un avc et ben non : STRESS, machoire bloquée: STRESS et j’en passe . Quelque soit la manifestation physique un peu chelou, si je vois que ça dure , je vais chez le médecin pour être rassurée. Je m’imagine toujours le pire mais je sais qu’en ce qui me concerne c’est plus une histoire d’avoir peur de la mort. De mon côté, ça ne m’empêche pas d’être heureuse bien au contraire, je veux toujours profiter au maximum de tout!
    J’espère que tout ça finira par ne plus te peser.
    Passe une bonne soirée
    Delphine

    22 janvier 2015 at 23 h 07 min
  • Répondre Kariana

    Mon ex conjoint était hypocondriaque et c’était vraiment horrible, car moi je suis tout l’inverse : j’ai une maladie génétique, je suis réellement malade, et l’entendre se plaindre continuellement alors qu’à moi on m’a toujours dit « lève toi et marche » était difficile à supporter.
    Il était du genre à se plaindre pour tout, à dire qu’il allait avoir un cancer dès qu’il avait mal au ventre (souvent parce qu’il mangeait trop), à me hurler dessus quand il se cassait la figure car il aurait pu se faire très mal et être handicapé à vie, et un jour la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : à cause de son obésité il avait quelques maux de dos, sans gravité, mais il m’a sorti « Je mérite plus d’être déclaré adulte handicapé que toi »… j’ai pété une durite, je n’en pouvais plus.
    Après dans mon cas c’était insupportable mais je suppose que d’autres sont plus conciliants ^^

    23 janvier 2015 at 13 h 05 min
  • Répondre Vanille

    Merci pour ton article qui résonne beaucoup en moi ! Je suis hypocondriaque depuis quelques mois seulement, suite a un petit souci de santé bien réel qui m a conduit a l hopital, je me suis développée une foule de douleurs et de symptômes bizarres qui m ont affolée…jusqu a ce qu un médecin très compréhensif me fasse comprendre que c était dans ma tête. Depuis je vais bcp mieux mais ça revient de temps en temps : en ce moment je sens ma poitrine compressée et mon cœur qui bat fort. J essaie de me raisonner et de me détendre mais c est pas toujours évident de démêler le vrai du faux ! Merci encore pour ton article très bien écrit ! Bisous !
    Vanille

    23 janvier 2015 at 15 h 40 min
  • Répondre Clémentine

    Je me suis beaucoup reconnue dans ton article et ta manière de découvrir cette maladie si peu comprise comme tu le dis. C’est difficile d’assumer ça de peur d’être incomprise, jugée, cataloguée ou pire qu’à cause de ce terme on ne nous prenne plus jamais au sérieux (c’est, je crois, ce qui me fait le plus peur). Mais, je pense que comme toi, j’ai appris à vivre avec et je me suis adaptée lorsque je rends visite à mon médecin ou que certains symptômes apparaissent, j’attends, je panique moins et j’avise si ça dure trop longtemps. En tout cas, j’ai trouvé ton témoignage très touchant et ça fait vraiment du bien de lire ton expérience, je / nous nous sentons certainement moins seule, ça a quelque chose de rassurant. Malheureusement de part mon histoire personnelle et mes antécédents familiaux, j’ai une énorme crainte de développer un nouveau problème de santé. Chaque jour je me dis, « non ça suffit là j’ai ce qu’il faut on va pas en ajouter un ». Mais c’est plus fort que moi, il faudrait presque que le médecin me trouve quelque chose pour que je sois totalement satisfaite alors que finalement ce que je veux c’est ne rien avoir… Là est toute la contradiction et la complexité de l’hypocondrie. Enfin, je pense qu’être consciente de se mal le plus tôt possible est un mal pour un bien. Ça permet d’apprendre à gérer les « crises », les espacer et pourquoi pas un jour peut-être les éliminer. Quand je vois le papa d’un ami qui, a 65 ans va quasiment tous les jours à la pharmacie, ça me vaccine aussi car je ne veux pas devenir cet extrême qui me fait peur. Donc voilà, merci beaucoup Joséphine pour ton témoignage. Je t’embrasse (et à samedi haha la partie cool de mon roman :D) ♥

    25 janvier 2015 at 14 h 19 min
  • Répondre Happy Swallow

    Hello,

    Je réagis un peu tard à cet article qui date.

    Mon papa a eu, lui aussi, de gros soucis de santé (maladie cardio-vasculaire pour lui) et a du subir une opération du coeur en urgence. Quand l’un de nos proches ou nous-mêmes frôlons la mort, je pense que nous sommes plus ou moins traumatisés.
    Comme toi, je suis hypocondriaque. Je m’en suis rendue compte seule, même si j’ai du mal à l’assumer publiquement.
    J’ai ressenti quelques signes il y a un an ou deux. J’avais une boule dans la tête. C’est sûr, c’était une tumeur !! Et puis, l’angoisse est passée après une visite chez le médecin qui s’est révélée rassurante.
    En novembre 2015, une boule (encore !) dans la mâchoire. Cette fois-ci, échographie pour que l’on se rende compte qu’il s’agissait d’un ganglion continuellement enflammé. Je pensais que les ganglions étaient bénins, et bien un mois plus tard : j’ai fait une inflammation assez grave à l’oeil (uvéite doublée d’une épisclérite) qui m’a conduite à l’hôpital (et que pour le coup, j’avais minimisé mettant cela sur le compte d’une fatigue visuelle). Voilà pourquoi j’avais un ganglion.
    J’ai du passer, malgré moi, toute une batterie d’examens car l’uvéite est davantage un symptôme qu’une maladie à part entière. Symptôme de certains cancers, MST et autres maladies plus ou moins sympathiques. Je te laisse imaginer la suite. Crises d’angoisses à répétition : ma mort était imminente. Je ne pensais même pas atteindre mon anniversaire.
    Quelques semaines plus tard, le diagnostic tombe : maladie auto-immunitaire (nous n’avons, au jour d’aujourd’hui, pas encore trouvé laquelle), j’ai au minimum les yeux touchés avec risque de cécité.
    Je devrais pleurer, m’inquiéter, m’angoisser. Et bien non, je suis ravie car je dois désormais passer des examens tous les 6 mois pour contrôler l’évolution de la maladie. Cela me fera l’occasion de m’assurer que je ne vais pas mourir tout de suite 😉
    Depuis, je sens des boules partout (mais en même temps, je passe mon temps à me scruter… quand on cherche, on trouve) et j’angoisse sans arrêt. Vivement novembre que je passe ma prochaine prise de sang !

    Tout ça pour te dire que je comprends tellement ton ressenti. C’est une phobie comme une autre mais très pénible à vivre au quotidien ! Cela prête peut-être à sourire mais pour la personne qui le vit, c’est un vrai calvaire !

    14 septembre 2016 at 0 h 27 min
  • Discutons ensemble


    *Est-ce que t'es un robot ?